École des Communs de Kër Thiossane

De Remix Biens Communs
Aller à : navigation, rechercher
Type d'action
Date de début janvier 1970
Date de fin
Porteur(s) de projet Marion Sylla Louisgrand
Partenaire(s) Kër Thiossane
Participant(s)
Financement
Description L’École des Communs de Kër Thiossane, au cœur de la capitale dakaroise, cherche à travers l’art et les technologies dites “ouvertes” à développer ou à consolider des actions de solidarité, des actions de voisinage et de citoyenneté. Elle cherche la possibilité d’élaborer des “solutions” aux problèmes urbains et sociaux, sur la base de rencontres et de projets divers, de défendre la conscience d’un intérêt commun.

Médias

Source : https://observatoirevivreensemble.org/ecole-des-communs

Le projet d’École des Communs suggère une dynamique d’appropriation créative et de domestication de la ville, avec ses habitants, pour la rendre plus hospitalière, conviviale et sure.

Contexte

Kër Thiossane porte le projet de l'École des Communs, soit le premier laboratoire pédagogique, artistique et transdisciplinaire lié aux pratiques des technologies numériques et aux nouveaux outils de communication en Afrique de l'Ouest. Il s'agit d'une plateforme locale d'échange, de ressources matérielles, logicielles et de compétences, capable d'offrir un accompagnement pour les porteurs de projets culturels, éducatifs et citoyens en Afrique.

Suite au Forum social mondial à Dakar en 2011, Kër Thiossane a amorcé un chantier autour des Biens-Communs. Alors que le mouvement des Communs commençait ailleurs à créer des écoles basées sur le modèle des « Universités populaires », Kër Thiossane a souhaité, en 2013, formaliser les actions amorcées depuis plusieurs années en ouvrant au Sénégal, une école où l'En-Commun serait expérimenté au quotidien, dans son quartier, autour d'un jardin partagé et d'un pôle Fablab, au cœur de l'espace public.

Le projet d’École des Communs découle des constats suivants: une crise de l’espace urbain à Dakar lié à des conflits de voisinage, des espaces de vie collective désinvestis et un espace public déconsidéré avec des infrastructures insuffisantes. Le projet repose sur l’idée qu’une créativité collective et citoyenne peut contrer ces réalités, et suggère une dynamique d’appropriation créative et de domestication de la ville, avec ses habitants, pour la rendre plus hospitalière, conviviale et sure. Il s’agit de faire de la ville un lieu d’expérimentations génératrices de nouvelles possibilités, d’envisager le milieu urbain en formation permanente.

Objectifs

On distingue six objectifs spécifiques du projet de l’École des communs :

Faire de la culture un vecteur de reconnaissance par des politiques et par la capacité des citoyens à agir pour la défense des biens communs, à l’échelle de leur quartier.
Promouvoir l’art comme moteur d’implication des habitants dans la gestion de leur ville.
Contribuer à la formation, la structuration et à la promotion des jeunes artistes du Sénégal.
Expérimenter l’autogestion d’un espace en-commun, à travers la culture.
Former de jeunes médiateurs sociaux par la mise en œuvre de projets à dimension citoyenne, autour du bien commun, à travers l’art et l’animation culturelle.
Démocratiser les savoirs faires numériques, faire se rencontrer et collaborer chercheurs, artisans, développeurs et makers.

Mise en œuvre

La démarche peut se diviser selon les différentes phases du projet. D’abord, la phase préliminaire consiste à un travail de proximité, d’écoute, d’information et de validation du projet sur le long terme.

Ensuite, la deuxième phase est la construction du jardin artistique « Jet d’eau ». Cette phase inclut également la co-rédaction d’une charte d’usage et une ouverture progressive au public.

Par la suite, la démarche comporte l’ouverture du Fablab Defko Ak Nieup (Fais avec les autres), un espace ouvert aux publics scolaires estudiantins, aux artisans et à tous ceux qui souhaitent s'initier à l'utilisation des outils de fabrication numérique.

Un autre projet est l’organisation d’un festival d’arts numériques qui s’organisent entre ces deux espaces (jardin artistique « Jet d’eau » et Fablab Defko Ak Nieup). Ce projet a connu cinq éditions depuis 2008 dont la dernière, en 2016, avec le concours de Dakar Ville Créative de l’UNESCO.

La cinquième phase est l’ouverture d’un Fablab municipal, en collaboration avec la Ville de Dakar, par une organisation de résidences croisées et d’ateliers jeunesses.

Enfin, les deux dernières initiatives sont l’ouverture d’un espace pédagogique dédié aux métiers du vert à proximité du jardin artistique et la construction participative d’une aire de jeux.

Résultats observés

Une vingtaine d'ateliers de formation et de création portant sur l'appropriation des technologies numériques mêlant des profils divers (artistes, chercheurs, artisans et riverains) ont été organisés.

De plus, un espace laissé à l'abandon a été, avec le concours des populations, transformé en jardin public.

Une communauté constituée de profils et de compétences diverses s'est formée autour du projet de l'École des Communs qui porte nombre d'initiatives à l'échelle, non seulement du quartier de la SICAP, mais aussi de la Ville de Dakar dans son ensemble.

Quatre emplois ont été créés (paysagiste, manager de Fablab, moniteur de Fablab, développeur Open Source).