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Dossier DPH pour les biens communs numériques


Dossier DPH pour les biens communs numériques
Dossier en ébauche

La notion de biens communs fait aujourd'hui l'objet d'un intérêt renouvelé, en particulier par les mouvements sociaux et les acteurs de la société civile. Ainsi, en 2009, le « manifeste pour la récupération des biens communs » a été lancé dans le cadre du Forum Social Mondial de Bélèm. Celui-ci se voulait un appel à élaborer un paradigme alternatif à la privatisation et à la marchandisation des biens et des services, dans des domaines aussi divers que l'accès à l'eau, les télécommunications ou la production scientifique. Ce renouvellement de l'intérêt pour les biens communs trouve notamment son inspiration dans les formes de collaboration et de partage inventées sur Internet, comme la production du logiciel libre ou l'émergence des licences Creative Commons. Plusieurs chercheur-e-s et organismes cherchent aujourd'hui à documenter ces pratiques de production basées sur le bien commun. La P2P Foundation, par exemple, est une organisation internationale qui s'intéresse à l'étude, à la documentation et à la promotion des dynamiques de production basées sur les pairs, en particulier dans la sphère numérique, mais également de façon plus large dans différents secteurs de l'activité humaine. Dans le milieu de la recherche, plusieurs auteur-e-s s'intéressent à cette approche. On peut penser par exemple aux travaux d'Elinor Ostrom, prix Nobel d'économie, sur les communs de la connaissance, à ceux de Charlotte Hess sur les nouveaux biens communs, et finalement, à ceux de Yochai Benkler sur la production pair à pair basée sur le partage des biens communs.

Le dossier DPH proposé aura pour objectif de présenter les pratiques et enjeux qui participent à ce renouvellement de l'intérêt pour la notion de biens communs, en particulier dans le cas des biens communs numériques. La première partie présentera le dossier et dressera un panorama historique et théorique des réflexions autour de la notion de biens communs. La deuxième partie consistera en des descriptions de pratiques autour des biens communs numériques, descriptions qui prendront surtout la forme de récits d'expérience. La troisième partie abordera quant à elle différents mouvements et les initiatives qui (re)mettent de l'avant l'idée de bien commun. Finalement, la quatrième partie proposera une synthèse du dossier en faisant ressortir différents enjeux liés à l'appropriation et à la gouvernance des biens communs numériques.

Pour chacune des fiches, nous chercherons à préciser à quel bien commun numérique nous nous intéressons et en quoi le cas choisi . Nous nous inspirerons des principes d’agencement que l’on retrouve dans les situations qui assurent réellement la protection des communs tels que développées par Eleonor Olstrom (présentées par Hervé Lecrosnier dans [Elinor Ostrom ou la réinvention des biens communs]. Nous associons à notre recherche des considération autogestionnaires anti-étatique et anti-capitalistes tel que défini par Christian Laval ( [[1]] ) . Cela nous permet ainsi de situer le bien commun vis-à-vis des biens publics (gérés par l'état) et des biens privés. Enfin, nous nous appuyons sur les perspectives féministes et matérialistes développées par Silvia Federicci pour appréhender les rapports de genre et la division des tâches au sein de ces communs.

Ainsi, pour chaque cas nous adopterons la grille d'analyse suivante:

  • 1. Présentation du cas dans sa spécificité par rapport au numérique
  • 2. Est-ce que c'est nous portons le regard sur l'objet comme bien commun ou bien les acteurs eux-mêmes revendiquent eux-mêmes comme bien commun ?
  • 3. Est-ce que le phénomène observé peut être caractérisé comme un bien commun selon les critères d'Ostrom ?
    • des groupes aux frontières définies ;
    • des règles régissant l’usage des biens collectifs qui répondent aux spécificités et besoins locaux ;
    • la capacité des individus concernés à les modifier ;
    • le respect de ces règles par les autorités extérieures ;
    • le contrôle du respect des règles par la communauté qui dispose d’un système de sanctions graduées ;
    • l’accès à des mécanismes de résolution des conflits peu coûteux ;
    • la résolution des conflits et activités de gouvernance organisées en strates différentes et imbriquées.
  • 4. Revendication d'autogestion vis-à-vis l'état et le capital: Comment le bien commun se situe-t-il entre bien public et bien privé ?
  • 5. Rapport de genres dans la participation au commun, sa définition et ses règles de gestion: Quelles sont les tâches qui sont davantage valorisées ?

Chaque fiche doit comprendre 12 000 signes soit environ 4 pages

Échéances révisées

*5 mars : échéances pour livrer les 5 premières fiches
*22 mars : fiche sur les wikis et fiche sur la neutralité d'Internet.
*17 avril : fiche sur Sin Satellito, et fiche sur ???

Fiches avancées

Théories et histoire des biens communs [Steph et Anne - Avancement : 90%]

Depuis quelques années, les théorie des communs sont proposées comme de nouvelles approches pour penser le monde économique, sociale et politique. En particulier la reconnaissance des travaux d'Elinor Ostrom a permis de jeter un nouvel éclairage optimiste, politisé et économique sur la gestion d'une ressource commune dans un contexte d'appropriation privée (capitaliste et néolibérale). Dans ses travaux sur la nouvelle économie politique des communs, Christian Laval revise quand a lui la place des communs au sein d'une économie politique néolibérale en faisant un retour critique sur les écarts et les liens entre bien public et bien commun. La théoricienne féministe Sylvia Federici porte quand à elle un regard critique sur cette popularisation des communs, voire son appropriation par des acteurs mainstream et capitalistes.

Voir document LibreOffice : https://www.dropbox.com/s/sqlot93n9q18kw1/theorie.odt

Étude de cas : le logiciel libre comme fer de lance des biens communs numériques [Steph - Avancement : 90%]

Cet article présentera les logiciels libres comme fer de lance des communs numériques. Pour reprendre les termes de Wikipédia (19 novembre 2013),« un logiciel libre est un logiciel dont l'utilisation, l'étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et légalement ». Les logiciels libres sont intéressant à analyser pour eux-même, mais également par la manière dont ils sont des inspirations pour de nombreuses autres initiatives qu'il convient d'analyser dans le modèle des communs. Toutefois, bien que le développement de certains logiciels libres restent aujourd'hui encore fortement basés sur approche « communautaire » et non-commerciale, d'autres sont désormais fortement investis par les dynamiques des capitalistes. En cela, les logiciels libres sont intéressant à analyser comme un cas paradigmatique des communs numériques, car ils mettent de l'avant l'idée les tensions qui existent dans la gouvernance des communs. L'article s'attardera plus particulièrement à deux cas de logiciels libres, aujourd'hui emblématique : le système d'exploitation Debian et le noyau Linux.

Voir document LibreOffice : https://www.dropbox.com/s/g1qa569ilhm937d/logicielslibres.odt

Étude de cas : Science Commons et archives ouverte [Steph - Avancement : 90%]

Cet article présentera certaines pratiques qui émergent aujourd'hui en s'inspirant des logiciels libres et du paradigme des biens communs, pour rendre plus accessible la connaissance scientifique. L'accent sera particulièrement mis sur la description du mouvement pour l'accès libre et ouvert à la science, et des initiatives périphériques, comme la licence Science Commons. Par ailleurs, plusieurs manifestes et initiatives émergent aujourd'hui sous le nom de « sciences ouvertes » que nous présenterons ensuite. Bien que terme soit parfois critiqué et qu'il désigne différentes pratiques disparates, il permet néanmoins de cerner un certain désir de renouvellement des pratiques scientifiques qui s'inscrivent dans le paradigme des communs numériques.

Voir document LibreOffice : https://www.dropbox.com/s/pvgz3r9a3w61oyc/3-sciencecommons.odt

Hackerspaces feministes [Anne - Avancement : 90%]

Hackerspaces et féminismes

le 1er lieu à se nommer un hackerspaces est probablement C-Base. un groupe de hacker de berlin, réunis pour discuter de la nécessité de relocaliser leur pratique de salon (et l'invasion réguliere de nombreux geek ayant des intérets communs) se sont plongé dans un imaginaire spatial localisé dns leur ville. La tour --- ressemblant fort a la fleche d un immense vaisseau, ils se sont mis en quete des restes de la futuristique navette spatiale. Ayant localisé l'espace en question et quelques restes probables: ils se sont donné comme mission d'être future-compatible: les créations des hackers doivent être utile pour le futur et ainsi pour le bien de l'humanité (même si tout cela est encore un peu incertain). Cette approche tant ludique que poetique de définir une perspective d'innovation au sein d un imaginaire futuriste allait inspirer de nombreux autres groupes de hackers.

dans les années 2000, le cyberespace avait deja été souvent été asocié à une "zone d autonomie temporaire" (TAZ), les hackerspaces allaient permettre des reunions en chair et en os, mais surtout des possibiités de partage d'outils, de machine, de projet et de rêves.

Les hackerspaces se sont multipliés dans les grandes villes en particulier, et plus récemment à la campagne. Depuis quelques années, on voit bourgeonner une pluralité de hackerspaces répondant à des besoins géographiques, politiques et thématiques particulier.

Chacun de ces groupes doivent confronter la gestion d'un espace commun, de matériaux, de membership, la définition de regles, de missions, de nom de groupes...

Cette fiche notamment inspirée des travaux de christina haralanova sera complétée via une entrevue avec cette derniere.

Le "travail" comme bien commun : Koumbit [Anne - Avancement : 90%]

Le travail (en informatique) comme bien commun : le cas de Koumbit

Établie à Montréal en 2004, Koumbit est une organisation à but non lucratif ayant une double mission. Premièrement, celle de créer un espace d'entraide et de partage de ressources pour les travailleurs des technologies de l'information engagés socialement dans leur milieu. Deuxièmement, celle de favoriser l'appropriation de l'informatique libre et de favoriser l'autonomie technologique des groupes sociaux québécois, en développant une plateforme informatique collective et en assurant un support à l'utilisation des logiciels libres. Koumbit est dérivé du mot konbit, issu du créole haïtien, qui signifie « regroupement de personnes pour une cause, un but commun ». Concrètement, un konbit est une association de paysans en vue de réaliser des tâches communes. Forme de solidarité sociale de base de la culture haïtienne, ce terme a été employé par différents écrivains et militants politiques des années 1940 afin de susciter chez les paysans haïtiens la prise en charge de leur destin.

le travail est un bien commun pour koumbit a plus d un titre. au dela de l imaginaire fondateur associé au concept de koumbit, dès ses debuts, le groupe a cherché à définir ce qui constituait un travail pour ses membres (en le distinguant notamment du benevolat). J'avais publié un article sur Koumbit en 2006, présentant son ouverture processuelle comme un militantisme. L'espace de travail a été conçu comme un lieu ou les membres, les travailleurs et les employés reflechissent a de meilleures conditions d'engagement, d'efficience mais aussi de vivre ensemble. Pour cela, le collectif s'est doté de regles et de procédures et dont le suivi est assuré lors de rencontres annuelles. Les travailleurs se sont aussi doté de réunions de comité hébdomadaires, où se fait le suivi des affaires courantes mais aussi des problèmes organisationnels potentiels. Inspiré de la culture libre, le collectif a toujours eut a coeur de documenter ces pratiques techniques et organisationnelles, dans l'idée que cela pourrait servir à d'autres collectif. Plus récemment, koumbit a commencé a expérimenté et référencé plusieurs techniques d'animation, de facilitation, de résolution de conflit. publiquement disponibles sur le wiki du collectif, ainsi que d autres procédures techniques, politiques ou organisationnelles. Ces pratiques de mise en partage au sein du groupe, aupres des membres mais aussi en vue d un public plus large, nous porte à concevoir le travail, tel que vécu par koumbit, comme un objet de bien commun. Depuis plusieurs années, le collectif expérimente aussi des formats de rencontre avec la communauté de ses membres et amis, sous forme de 5@7 ouverts et portant sur différents sujets souvent a caractère politique ou d'inspiration auto-gestionnaire. 1. un collectif de travailleurs : pigiste et employés. 2. Règlement 3. Rencontres annuelles + reunions 4. Regles internes concernant choix politiques 5. respect des reglement : discussion 6. mecanisme de resolution de conflit 7. different niveau de résolution

Fiches en cours de rédaction

Wikis épistémiques, ou la connaissance comme bien commun

Étude de cas : l'Internet comme bien commun : le débat sur la neutralité d'Internet. [Steph]

Le concept de neutralité d'Internet renvoie à un principe d'architecture des réseaux qui garantit l'égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet (déf. De wikipédia). Bien que ce principe est aujourd'hui moins contesté il a fait dans les années 2000 l'objet de débats forts importants, notamment aux États-Unis mais également en France. Le débat sur la neutralité de l'Internet est intéressant à analyser car il met de l'avant la défense de l'Internet comme un bien commun. Dans le cadre de cet article, nous présenterons ce débat, en particulier tel qu'il a été fait aux États-Unis.

Les technologies numériques comme bien commun. Appropriations techniques et politisation des pratiques: une perspective feministe [Anne]

1950: heidegger vs simondon: le paris de l appropriation citoyenne, critique, pratique et théorique des techniques contemporaines 2010: consumérisme technique technologique... Hackerspace, culture libre, informatique libre : politisation des techniques et du rapport au savoir et savoir0faires. pourquoi si peu de femmes dans ces mouvements d'émancipation et d'appropriation, qui se présente comme libres et ouverts ?

cf Sylvia federicii femmes et bien commun

connaissance et savoir faires technologiquee: nouveau monopole de pouvoir ? faire valoir ? ou bien loisr de temps libre ?

Fiches à rédiger

Art Libre et Création comme bien communs: quelques mises au point [Anne]

cette fiche sera moins une étude de cas qu une précision sur ce qui rassemble et distingue les conceptions de création artistiques et culturelles considérées comme bien commun.

Les licences créatives common permettent a leurs usagers de donner un cadre juridique simple a leurs création L'art libre autorise de nombreux réusages mais se détache aussi du plan légal, en subvertissant les rapports de sens, d'appropriation, de circulation, de propriété. Si on s'accorde avec Bourdieu et Hanse, que la fonction de l'art est (comme du discours intellectuel) est notamment de tenir un discours critique, ce role le rend difficilement associable à un bien commun, même si il peut se mettre a son service par une politisation des rapports.

En reprenant le propos de quelques unes des oeuvres présentées dans le numéro DPI Culture libre, et en m'appuyant sur quelques textes fondateurs (culture libre, Laurence Lessig, FLOSS+ART d'Aymeric Monsoux, De l’art libre et de la Culture Libre, Antoine Moreau) je reviendrais sur les pratiques qui étendent, reformule ou dépasse la notion d'art comme bien commun.

Movimiento sin satelito : recherche spatiale comme bien commun [Anne]

la 1ere communauté en ligne le WELL est le descend du whole earth catalogue, catalogue fortement inspirée de l'imaginaire de la conquete de l'espace. Le 1er numero sortait avec une photo de la terre prise depuis la lune, cliché unique de la NASA.

Depuis quelques années, la recherche spatiale est de moins en moisn financée par des fonds publics. Pour beaucoup de domaines, elle se privatise. Mais parallelement, s organise sur les réseaux un mouvement qui a tout d'un corpus de bien commun.

le nouvement sans satelite est né en xxx de l ainspiration du ouement sans terre. différents collectifs se sont donf formés en partant de la nécessité d'avoir acces a un stalitte, national ou citoyen. Bien sur, la comparaison entre la privation de terre et la privation de satelitte peut sembler outrageuse. elle met sur un pied d'égalité un besoin vital et un luxe technofuturiste. A moins qu'il n'y ait derriere cette revendication un besoin communnicational. A moins qu'il s'agisse avant tout de la réappropriation d'une imaginaire et d'une force de projection, trop longtement usuprée par quelques quperpuissance economiques.

parmis ces projets spatiaux, on trouve des collectifs hackers, des artistes de l'espace, des bidouilleurs, des chercheurs, des performeurs, des scientifiques, des shamans et des magiciens. Ils forment un réseau international, ou c'est le cas de le dire, global, qui porte un regard vers l'espace et depuis l'espace, vers la terre. L'espace, incluant la terre, devient le lieu du commun.


L'astronomie populaire et l'interprétation de la relation à l'univers a souvent été dénigrée et reléguée aux croyances. Les intermédiaires interpretes ont été remplacées par des scientifiques et la course vers la conquete du ciel est devenue une histoire humaine globale traversée tout de même de campagnes nationales.

La conquête de l'espace n'est pas seulement physique, elle est imaginaire et imagée. Or cette imagination et cette imagerie sont fortement dépendantes des techniques disponibles. Ce lien avec l'espace fut longtemps présentées sous la forme d'une conquête, sans doute à la fois pour la base martiale et concurrentielle qui la sous tendait mais aussi parce qu'elles constituait une extension de l'imaginaire national.



11. Enjeux : la question de la gouvernance des biens communs. [Steph]

L'un des aspects cruciaux qui semble traverser les communs numériques est la question de leur gouvernance. En effet, il est loin le temps où l'on considérait que l'Internet comme la « nouvelle frontière », une espèce d'équivalent du Far West qui ne devait l'objet d'aucune régulation. Dans la même perspective, bien que les communautés de logiciels libres sont encore bien souvent considérées dans l'imaginaire commun comme des projets où ne règne ni règle ni loi, il s'agit au contraire où l'on voit émerger constamment des univers de normes et de règles, autant formels et qu'informels, technique que sociale. Cet article, qui se veut en quelque sorte une conclusion du dossier, fera ressortir quelques uns des enjeux liés à la gouvernance des communs numériques.

Conclusion [Steph, Anne]

Autres idées de fiches

DRM, renforcement de la propriété intellectuelle : les nouvelles enclosures

*http://www.koumbit.org/fr/content/internet-bien-commun-une-utopie-necessaire-notre-imaginaire-collectif

Références

*Biens communs numériques. Axe 2 du Master Recherche Infocom de Paris Ouest. http://master-recherche-infocom.u-paris10.fr/axe-biens-communs/
* Hervé Le Crosnier (2012) [Ostrom ou la réinvention des biens communs], Monde diplomatique
* Christian Laval, [| « La nouvelle économie politique des communs : apports et limites » ]  contribution au séminaire Du Public au Commun, 9 mars 2011

Notes

*DossierSpiderAlex