Entretien Flavia Nunez Assemblea en Defensa del Territorio

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Entretien avec Flavia Núñez, membre de l'Assemblée en défense du Territoire de Puerto Madryn, province de Chubut, Argentine.

Métadonnées

Auteur(s) Camille Laurent, Flavia Núñez
Date de création 23/03/2020
Date de publication 24/05/2020
Langue du contenu FR, ES
Pays Argentina
Fait partie de Perspective sur les communs depuis l'Argentine
Média Texte
Producteur(s) remix the commons
Participant(s) Flavia Núñez


Flavia Núñez, membre de l'Assemblée en défense du Territoire de Puerto Madryn, province de Chubut, Argentine.

C. Pour commencer, pourrais-tu me raconter ce qui fait votre lutte à Puerto Madryn et comment s’est organisée votre Assemblée en défense du territoire?
F. La lutte à Puerto Madryn a commencé quand dans le centre-nord du Plateau de Chubut, une zone plus isolée de l’intérieur de la province, sont venu s’installer des compagnies minières canadiennes pour exploiter le gisement de cuivre, d’argent et de plomb qu’il appelle le projet Navidad [Noël]. C’était l’un des plus grands projets de ce type à ce moment-là. Nous avons commencé à nous organiser en 2005-2006. C’est à ce moment que nous avons commencé des assemblées dans la province de Chubut, elles se sont ajoutées à l’Assemblée des Voisins Auto-organisés de Esquel, qui existait depuis 2002, et luttait contre l’installation de la mine d’Or El Desquite de la compagnie Meridian Gold. A Puerto Madryn, s’est organisé un forum. Il y a eu des forums socio-environnementaux de la Patagonie, ici à Puerto Madryn, dans la ville de Trelew et à Comodoro Rivadavia. Notre forum a muté petit à petit et il s’est transformé en un mouvement assembléiste, il y a maintenant 3 ans environs. Aujourd’hui nous nous appelons, Assemblée en Défense du Territoire [1]. Cela a à voir avec une transformation qui a eu lieu au niveau régional dans différents groupements socio-environnementaux au moment où s’est formée l’Union d’Assemblées des Communautés de Chubut (la UACCH). Toutes les assemblées et toutes les associations socio-environnementales de Chubut nous nous sommes réunies en une organisation qui est la UACCH. A la lumière de cette nouvelle forme organisationnelle territoriale, nous avons choisi nous aussi de prendre ce nom d’assemblée à Puerto Madryn. Et, pour le contexte, la UACCH est membre de la UAP, l’Union d’Assemblées de a Patagonie, qui est elle-même membre de la UAC, l’Union d’Assemblées des Communautés [2] de l’ensemble du territoire national en lutte et en défense du territoire en différents aspects : en lutte contre les produits toxiques agricoles, contre le fracking, contre la déforestation, contre les barrages et dans notre cas, dans toute la région de la Patagonie et à Mendoza, contre les méga-entreprises minières.

A partir de notre formation comme Assemblée en défense du territoire, nous avons commencé à mettre en place une série d’actions ayant pour objectif de visibliser l’intention d’exploiter les mines à Chubut et, à la fois à unir nos efforts et nos décisions au niveau de la UACCH. Dans ce contexte, une des actions réalisée récemment a été un document de dénonciation élaboré par notre avocate Silvia de Santos [3]. C’est une demande de mesure provisoire et de dénonciation devant la Cours Interaméricaine des Droits de l’Homme qui a été présenté à la Cours le 4 mars passé (2020) et qui hier (le 22 mars 2020) pour la journée mondiale de l’Eau a été présentée de manière publique, sur la page web du Non à la Mine d’Esquel [4]. [l’examen de la demande a, en Mai 2020, été refusé par la Cours Internationale] Ce document fait plus de 300 pages et est une investigation en profondeur sur tous les abus qui ont eu lieu dans la région de la Patagonie, et aussi dans certaines localités de Mendoza, du fait de l’exploitation minière, le fracking et les barrages. Ce que prétend, à grand traits, ce recours auprès du Tribunal International, c’est de prendre soin des bassins des fleuves de la Patagonie en les considérant comme des bassins unis géographiquement et ne respectant pas les frontières juridictionnelles. La contamination, les abus, les préjudices qui touchent l’un des bassins, finissent nécessairement par contaminer les autres. C’est ce que nous avons décrit dans la dénonciation. La demande qui est la nôtre est que l’eau soit considérée comme un bien communal, un bien commun, comme un droit humain et aussi comme un concept venant des peuples originaires. L’idée est de commencer à récupérer les formes de dénomination et d’attention qu’avait et que continue à avoir les peuples originaires pour défendre l’eau, qu’il appelle ko. L’eau pour les peuples originaires de la Patagonie est ko.

C’est un document très intéressant, dans lequel, de plus, sont mis en évidence toutes les dénonciations de persécution aux personnes et groupements du territoire depuis que les entreprises minières essayent de s’installer à Chubut. En revenant en arrière et pour faire le lien avec la date d’aujourd’hui, le 23 mars 2013, dans la ville d’Esquel, a eu lieu la consultation populaire, aussi appelée plébiscite, lors de laquelle la majorité de la population a voté NON à l’exploitation minière à grande échelle. A ce moment, toutes les villes de la cordillère se sont mobilisées et ont réussies à ce que soit réalisé ce plébiscite, qui fête aujourd’hui ses 17 ans et qui a donné un nouvel élan à la lutte socio-environnementale qui était historiquement présente dans la province de Chubut. A partir du plébiscite de 2003, est promulguée dans la province de Chubut, la loi 5001 (aujourd’hui XVII N° 68) qui interdit actuellement l’exploitation minière à ciel ouvert avec utilisation de cyanure. Mais c’est une loi qui a deux articles. Le premier article interdit, le second établi des exceptions à la loi, et notamment la possibilité d’exploiter des zones éloignées dans la Cordillère, la Meseta et dans le centre de notre province. Pour cette raison, malgré l’existence de la loi, nous continuons à lutter et à renforcer notre défense du territoire contre ces zones de sacrifices. Il y a en effet des centaines de projets d’exploitation minière dans la province. Dans toute la Meseta, il y a des projets d’extraction d’argent, de plomb et d’autres minéraux. Il y a aussi, et c’est un dossier qui nous préoccupe, des projets d’exploitation d’Uranium, qui se ferait sur la berge de la rivière Chubut, la rivière qui alimente plus de 250 mille personnes, habitants de la côte et de la vallée. C’est la rivière qui alimente la majeure partie de la population de la province. D’autre part, quand je te disais que Chubut avait une histoire de lutte socio-environnementale avant le NON à la Mine d’Esquel, c’est parce que dans notre province, dans les années 80’S, à partir de 1986 exactement, la lutte la plus importante qui a eu lieu à Chubut a été la lutte contre l’installation d’une décharge nucléaire [5]. Justement là où est aujourd’hui prévu le projet Navidad, sur le territoire de la ville de Gastre. A ce moment-là, il y a eu des mobilisations de la Cordillère, jusqu’au centre de Chubut, pour éviter l’installation du dépotoir. Cette lutte aussi a eu pour conséquence la mise en place d’une législation favorable à l’environnement : l’article 41 de la constitution nationale, qui est l’article qui nous protège au niveau environnemental. Cela met en évidence l’importance de l’organisation. La défense du territoire, dans n’importe quel lieu du monde, et dans notre cas particulièrement, a eu des effets positifs pour tous les habitants et les écosystèmes de la région. Et de fait, ces luttes font aussi partie de l’identité de notre région. Elles impliquent la construction de nouvelles démarcations territoriales. La province n’est pas seulement divisée en départements comme le disent les cartes de géographie, elle est aussi unie par les luttes socio-environnementales que nous menons et qui n’ont pas de frontières. Ce qui traverse ces luttes, justement, c’est le « cuidado », le soin et l’attention portée à notre forêt, nos bassins d’eau, par les communautés ancestrales.

A partir de 2005, nous avons commencé à former le Forum. En parallèle il y avait, au niveau régional, une forme d’organisation qui s’appelait la coordination de la Patagonie. Il s’agissait de groupements nés dans différentes localités de la Patagonie, de Chubut, de Rio Negro et de Neuquèn, qui se réunissaient pour réfléchir aux différentes problématiques qu’il y avait dans chaque lieu, et comment les affronter. Depuis l’organisation et la recherche, c’est à cette époque que nous avons commencé à parler de biens communs. Nous avons commencé à transformer le terme de ressources naturelles en biens communs. Aujourd’hui, nous avons étendu cette idée de biens communs pour parler de biens communautaires. Parce que le concept de biens communs dans une perspective légale et juridique, parfois, perd de la force. C’est pourquoi nous parlons aussi de biens communautaires. Notre lutte actuelle, en plus d’avoir pour objectif de freiner le projet d’exploitation de Navidad et tous les autres, vise à améliorer la législation qui préserve toute la province de Chubut de l’exploitation minière. Pour cette raison, nous proposons un projet de loi d’initiative populaire [6], plus connu par tous les habitants de Chubut, comme la IP, pour « initiative populaire », qui est une forme d’action que nous permets la constitution provinciale : si un groupement de citoyens de la province de Chubut réussi à réunir les signatures de plus de 3% du patron électoral, il peut élaborer et présenter un projet de loi. En 2012, depuis les assemblées de Chubut nous avons élaboré un projet de loi qui interdit l’exploitation minière sous toutes ses formes sur le territoire de la Province. C’est-à-dire, un projet qui étend, la loi 5001. Ce projet de loi à réussit à réunir 13007 signatures, c’est-à-dire plus que les 11 000 que nous devions réunir. Le projet a été présenté à la législature de la province de Chubut en 2014. La législature était dans l’obligation de traiter le projet. Le dernier jour qu’avaient les législateurs pour le traiter, il est passé en commission et il a été reformulé de façon à ce que ne reste qu’un projet qui habilitait l’exploitation minière. Ce fait est connu comme la fraude à la IP [7]. Evidemment, cette loi, aujourd’hui n’a plus lieu d’être. Elle a été bannie et la loi 5001, est redevenue la norme. Ces faits illustrent la corruption et la force du lobby minier dans la province de Chubut. C’est un fait qui se réplique dans différents lieux du monde. Ici, depuis 10 ans, on fait face à Pan American Silver (PAS), l’entreprise actuellement propriétaire du projet Navidad. C’est l’une des compagnies minières les plus puissantes du monde, parmi celles qui ont participé, début Mars, au Sommet Minier Mondial de Toronto, au Canada (Prospectors & Devolopers Association of Canada [8]). Cette entreprise, depuis 10 ans, vient exercer des pressions dans la province pour que, à la législature provinciale, soit approuvé un projet de loi qui habilite la zonification minière à Chubut. C’est à dire que soit ajouté, à l’article 2 de l’actuelle loi 5001, la possibilité d’exploiter d’autres zones minières, des zones exclusives, ce qu’ils appellent des zones de sacrifice. Ce projet de zonification minière, qu’un groupe de député a déjà validé, habiliterai des zones de sacrifices dans des lieux ou justement agit PAS : au niveau du projet Navidad et dans d’autres mines de la Meseta. Cela fait dix ans que Pan American Silver est arrivé à Chubut à travers le syndicat minier d’Argentine. Ils font depuis des campagnes de collection de CV pour trouver des employés. Alors que l’activité est toujours interdite ! Ils financent aussi différentes campagnes éducatives, font des visites porte à porte des propriétaires des champs dont ils ont besoin, et réalise un lobby politique auprès de différents fonctionnaires de la Province. Au Sommet Minier Mondial de Toronto, Pan American Silver, a été dénoncé grâce la campagne « Fuera Pan American Silver » [Dehors Pan American Silver [9]] mise en œuvre depuis Toronto avec toutes les assemblées territoriales de Chubut et d’Amérique Latine. Dans le document de campagne sont expliqués les abus de pouvoir et les conflits territoriaux qui arrivent là où s’installe PAS, à Mexico, au Guatemala, au Pérou, en Bolivie et évidemment au Canada et en Argentine. Chubut est le seul lieu où il y a des projets qui ne sont pas encore exploités grâce à la résistance populaire. En Argentine, PAS exploite aussi le projet Mananciales dans la province de Santa Cruz. Mais la province de Santa Cruz, qui est située plus au Sud de Chubut, habilite par loi l’exploitation minière. Chubut, pour le moment ne le fait pas. Nous sommes donc un défi pour Pan America Silver. Imaginez comment nous devons nous organiser, être ferme, ne pas tomber, ne pas baisser la garde, car ils sont là. C’est pourquoi, nous disons souvent « ne nous sous-estimez pas, ils ne passeront pas ». En lien avec cela, nous sommes en train de travailler au lancement d’une nouvelle initiative populaire. De fait, c’est la même que celle que nous avons présenté en 2014, mais aujourd’hui, elle prend de la force et du sens, suite aux luttes socio-environnementales que nous avons eu cette année dans toute l'Argentine en appui aux habitants de Mendoza [10]. En décembre, les habitants de la province de Mendoza ont défendu leur loi, la loi 7722, qui interdit l’exploitation minière dans la province. Et cela nous a redonné de l’élan. Nous chantons « L’Eau de Mendoza ne se négocie pas », ils chantent « L’Eau de Chubut ne se négocie pas ». Cela nous a donné un élan pour récupérer une autre de nos consignes « ils nous doivent une loi », parce qu’ils nous doivent la loi de l’initiative populaire réalisée en 2014. A Puerto Madryn, nous avons choisi la couleur orange, qui est une couleur forte et joyeuse et qui n’a pas de signification politique en Argentine, pour peindre nos drapeaux, bandeaux, pancartes. Et aujourd’hui, quand on circule dans Puerto Madryn – quand il est possible de circuler- on voit le drapeau orange accroché à la majorité des maisons de la ville.

C. Qu’est ce qui a changé avec le gouvernement (national) progressiste qui a pris ses fonctions en décembre ? Ce gouvernement compte toujours sur l’exploitation minière pour retrouver la croissance économique et payer la dette au FMI, entre autres. Le fait qu’il soit progressiste, le rend-t-il moins critiquable ?
F. C’est une chose que nous avons très bien compris au sein des Assemblées. Nous l’avons vu dès le premier moment. Le Président Alberto Fernandez a, lors du débat préalable aux élections, exposé l’idée qu’il allait promouvoir une exploitation minière contrôlée, une exploitation soutenable, ce sont les mots qu’il a utilisé. Cela a donc été clair à partir de ce moment-là: Si la proposition du gouvernement actuel est progressiste sur un très grand nombre d’autres thématiques qui ont particulièrement à voir avec l’équité sociale vers les secteurs les plus vulnérables. Sur ce point précis, sa réponse est la moins progressiste qu’il y ait. Il valide l’extractivisme. Il continue de promouvoir les monocultures, les méga-barrages, l’exploitation minière à grande échelle, ce qui a changé est que « nous allons travailler pour une mine controlée et durable ». Malheureusement, cela n’existe pas [11]. C’est un débat important dans l’actualité, notamment après les évènements de Mendoza ou des milliers de personnes se sont mobilisée quand a été rendu effective la demande présidentielle, c’est-à-dire quand la législature provinciale de Mendoza a approuvé une loi autorisant allant à l’encontre de la loi 7722 et autorisant l’exploitation minière à grande échelle. Loi qui a été ensuite dérogée grâce à la vague de manifestations et à l’organisation sociale. C’était une loi imposée par le gouvernement actuel. De même que la promotion de l’exploitation de gaz et pétrole de schiste par la technique non conventionnelle de la fracturation hydraulique (fracking), qui est un fait que dénoncent les habitants de la Patagonie. C’est quelque chose que nous avons pu voir grâce à la rencontre de l’Union des Assemblées de la Patagonie qui a eu lieu fin février à Puerto Madryn. Là sont venus des référents de Rio Negro en lutte contre le fracking, et les mines d’or, de référents de Neuquèn, aussi en lutte contre le fracking, de Santa Cruz, où les populations se battent contre l’installation de méga-barrages, qui, entre parenthèses, nous le savons, sont construits pour fournir de l’énergie aux mines, et toutes les Assemblées socio-environnementales de Chubut. Toutes, nous avons débattues et réfléchies sur les problématiques de chaque localité. De cette rencontre, justement est sorti le document que nous avons présenté le 4 mars devant la Cours Interaméricaine des Droits de l’Homme.

C. Tu m’as expliqué que la configuration de l’organisation a évolué du Forum aux Assemblées. En pratique, qu’est-ce que cela signifie ?
F. Au niveau des Assemblées, cela implique que nous essayons que chaque intégrant ai la même opportunité de proposer des idées, des actions et qu’en même temps, nous ayons toutes, le compromis de les mener à bien. Le concept d’Assemblée, en plus d’être un concept politique, car il implique la participation directe de chaque membre de l’Assemblée, nous le prenons aussi comme une manière de faire arriver, cette idée de participation à plus de personnes. Par exemple, à Puerto Madryn durant l’été au moins, et durant les étapes précédentes de majeur conflit, nous avons réussi à faire des Assemblées massives sur les places. A Esquel, ils le font depuis toujours. Ce ne sont pas des petits groupes de gens. Si nous sommes bien quelques personnes, qui participons depuis le premier jour, l’idée est que les Assemblées aillent en s’étendant et que chaque personne de la communauté, se sente faire partie de l’Assemblée, depuis sa place, d’où il peut, en diffusant des flyers, en accrochant le drapeau, en réfutant les fausses informations, en participant aux actions, aux manifestations. C’est ça, le concept d’Assemblée pour nous. Et comme, je te le disais, c’est à la fois un concept plus communautaire qui implique, non seulement le travail de base horizontal, et aussi le travail inter-disciplinaire avec les autres Assemblées des localités. C’est pour cette raison, que nous formons de grandes assemblées, la UACCH pour laquelle nous avons des rencontres fréquentes, la UAP avec des rassemblements comme celui qui s’est fait fin février et la UAC avec des rendez-vous en Assemblées présentielles deux fois par ans au moins, le dernier était à Mar del Plata, le prochain sera à Missiones. C’est un travail qui implique l’organisation à travers des réseaux sociaux. Nous avons un groupe de Whatsapp pour organiser les actions et des rendez-vous présentiels, pour nous connaitre, élaborer des rapports, des documents, ect. Toutes ces actions nous les faisons sous la forme d’Assemblées. Le concept de Forum nous a beaucoup servit en son temps. Ça a été intéressant au moment d’initier l’organisation. Nous avions besoin de nous rencontrer, de débattre, de mettre sur la table les idées, les propositions et les actions. L’Assemblée permet d’organiser les idées, et de les mener à bien.

C. Ensuite dans les assemblées, vous travaillez en commissions pour rédiger les documents mentionnés ? Et vous avez les représentants qui participent aux évènements ?
F. Non, c’est quelque chose que nous avons débattu. A certains moments nous avions pensé à faire des commissions, surtout pour la presse, qui est ce qui prend le plus de temps, justement pour élaborer les documents ensemble. Mais les principes de l’organisation en Assemblée par consensus ont prévalus. D’une certaine façon, ce que cela permet est de ne pas surcharger de responsabilité le même groupe de personnes. Donc nous tournons. Il n’y a pas de commission de presse. C’est tout de même quelque chose que nous devrions continuer à travailler. Ce qui par contre, est travaillé au niveau de l’organisation, ce sont les protocoles de sécurité et d’urgence qui nous permettent d’agir face à des cas de violences institutionnelles, comme nous avons dut le faire lors de l’une des dernières manifestations importantes, ou six de nos camarades ont été mis en prison, ont reçus des coups et ont été intimidés.

C. Quels sont les forces et les obstacles de ces assemblées ?
F. Peut-être l’un des obstacles est que nous avons choisi de travailler de façon, solidaire, communautaire, toutes les assemblées ensembles, toutes les assemblées de Chubut regroupées dans la UACCH. L’obstacle est de ne pas pouvoir nous voir fréquemment. D’un côté, il y a les assemblées de la cordillère. De l’autre celles de la côte, et celle de la Meseta. Parfois, nous avons eu le sentiment que des rencontres plus fréquentes étaient nécessaires, qu’il n’y ait pas tant de temps entre une rencontre et une autre pour organiser les actions. Bien sûr nous avons les réseaux sociaux, mais ce n’est pas la même chose en face à face. La distance territoriale, est quelque chose qui peut faire obstacle. En même temps, elle nous renforce en terme symbolique. En élaborant des idées et des stratégies ensembles tout le temps, par consensus, nous avons développé des liens. Par exemple, aujourd’hui, date anniversaire du Non à la mine d’Esquel, nous sommes tous sur les réseaux, en train d’élaborer des documents communs pour les réseaux sociaux pour rappeler l’importance de cette lutte. C’est une force, nous avons toujours en tête, chacune de nos luttes. En même temps, chaque Assemblée construit sa propre identité. Par exemple, à Puerto Madryn, nous sommes une ville où nous travaillons plutôt bien de façon intersectorielle, avec des syndicats, des partis politiques, différentes organisations sociales, des groupes de femmes, ect.. Cela vient du fait que nous vivons une crise qui ne se voyait pas depuis longtemps, qui est la crise du secteur publique, du fait de l’absence de l’Etat. En ce moment, le secteur des services de Santé, les médecins, les infirmiers, tout le personnel qui dépend de l’Etat, n’a pas eu son salaire de février, et pourtant l’Etat d’urgence a été déclaré. Je suis professeure, je fais partie de ceux qui ont reçu leur salaire, car c’est une question de rangs. Je fais partie du premier rang, et mon salaire de février, je l’ai reçu hier. Imaginez pour les personnes qui ont des familles et qui doivent soutenir l’économie de leur ménage. Ils le font avec des dettes. Parce que lorsque le salaire arrive tard, les gens s’endettent, ils utilisent leur carte de crédit. A cela s’ajoute aujourd’hui la quarantaine. Cela a amené un obstacle et un nouvel espace de lutte. C’est-à-dire, lutter contre le discours du gouvernement qui affirme depuis 3 ans, depuis qu’a commencé la crise du secteur public à Chubut, que la mine à grande échelle est une solution à la crise. C’est une donnée importante : le gouvernement, les secteurs de pouvoirs et le lobby minier évidemment, présentent l’exploitation minière comme solution à la crise. Cet obstacle nous a obligés à définir cette crise et à en changer le sens, c’est-à-dire à expliquer que l’exploitation minière n’est pas la solution à la crise, mais tout le contraire. On ne se bat pas seulement contre l’exploitation minière à grande échelle, mais contre l’installation d’un sens, d’un message, celui qui veut nous faire croire que la mine peut nous faire sortir de la crise. C’est une bataille des discours : L’exploitation minière signifie l’accentuation de la crise.

C. Cela m’amène à te demander, quels sont les principes et actions qui permettent de faire des ponts vers d’autres mouvements sociaux, spécifiquement peut-être le mouvement féministe ?
F. Pour le 8M (abréviation du 8 Mars), il y a eu une action à Puerto Madryn, et évidemment, l’Assemblée a participé. L’un de nos slogan est « ni nos corps, ni nos territoires, ne sont des zones de sacrifice ». C’est une logique que nous travaillons ensemble entre les Assemblées de Chubut. Il y a aussi les documents que nous élaborons avec les mouvements féministes, les chansons et toute l’expérience artistique. A Puerto Madryn, nous sommes en train de préparer un recueil de chansons contre le cyanure, auquel participent beaucoup d’artistes nationaux et provinciaux. Il me semble que l’art est un outil stratégique dans notre défense des territoires et de la vie. Ce n’est pas seulement une force, c’est aussi une stratégie discursive qui nous traverse. A Puerto Madryn nous sommes membre de la multisectorielle de féminisme et dissidence. L’un des concepts que nous avons aussi travaillé au niveau de toutes les assemblées de Chubut, est celui de bassins hydro-social. C’est un nouveau concept. C’est l’une des façons que nous avons trouvé de parler du soin (« cuidado ») de l’eau. De nous demander, depuis où nous traverse, comme communauté, le soin de l’eau. Nous comprenons que l’eau ne couvre pas seulement une nécessité basique, mais qu’elle porte aussi un très grand nombre d’autres expériences et manières de vivre, qui justement ont a voir avec le social et les relations humaines. Pour cette raison, nous parlons de bassins hydro-sociaux. Quand les mines à grandes échelles viennent s’installer sur un territoire et prennent l’eau, en réalité, elles asservissent un très grand nombre d’autres droits, pas seulement le droit d’accès à l’eau, mais aussi le droit des peuples à décider, car elles passent sous silence les consultations préalables, libres et informées des communautés natives, elles passent sous silence les décisions des gens sur « de quoi veut vivre mon peuple », et elles passent sous silence l’idée communale, l’échange spirituel de biens et de produits qui sont ceux qui font vivre le territoire. Au contraire, elles abusent de ces formes de vie. C’est pour quoi est né ce nouveau concept que nous avons forgé et que nous essayons d’incorporer peu à peu. Il vient en lien avec une étude de l’Université de la Patagonie. La chaire des territoires a fait une étude des bassins géographiques de la province de Chubut, et cette étude a donné comme résultat que le bassin de Chubut est le plus vulnérable aux sécheresses de toute la Patagonie. Ce seul fait devrait inhabiliter l’utilisation de l’eau pour l’extractivisme. Nous travaillons aussi sur les idées d’identités communautaires, de territoires sans frontières, nous cherchons à renforcer le concept de territoire mais, dans une conception ancestrale qui va de pair avec sa défense. De fait, les assemblées sont intégrées par les référents de différentes communautés de peuples natifs. Le slogan « ni nos corps, ni nos territoires, ne sont des zones de sacrifice » fait aussi référence à ces luttes territoriales de récupération qui se développent. Cette année, il y a eu au moins deux récupérations territoriales de plus dans la Cordillère de Chubut. Quand je parle de récupération, je parle de la récupération des terres de grands propriétaires qui par le passé, ont exproprié les peuples originaires qui y vivaient. Ces communautés organisées, aujourd’hui, récupèrent leurs territoires. Le cas le plus connus, ces dernières années, a été la récupération menées par Jones Huala, leader indigène mapuche, qui est sous le coup d’un procès au Chili, mais qui réalise des occupations territoriales dans la province de Chubut [12]. Cela a eu comme conséquences, et je dois le mentionner à un moment, car rien n’est isolé dans cette lutte, la disparition et puis la mort de Santiago Maldonado [www.santiagomaldonado.com]. Santiago Maldonado est mort lors d’une récupération territoriale d’une communauté indigène. C’est un fait sur lequel la police enquête toujours, mais qui évidemment, pour les communautés en lutte, est une disparition et une mort forcée et due aux forces armées de l’état. Il y a donc différentes luttes qui nous touchent à travers le territoire.

C. Qu’est-ce que vous entendez par biens communautaires ?
F. L’eau, et le territoire en général. Les écosystèmes. Chaque assemblée a son propre travail de recherche et d’approfondissement de sens. Celles de la cordillère sont plus unies aux questions de récupération territoriale Mapuche et Tehuelche, celles de la Meseta aussi. Celles de la côte, nous sommes plus réunies autour du concept de lutte sociale : à la lumière de la crise du secteur public nos luttes se sont unies à celles d’autres secteurs. Ce qui nous unies toutes est le bien commun. La réalité est que tous les secteurs en lutte, Santé, Education, et les autres, mettent à la fin de leurs communiqués « NON à la mine ».

C. Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais ajouter, mentionner?
F. J’ajouterai un point de couleur, mais aussi quelque chose de profond. Cette année, je crois que c’était en décembre ou novembre, toutes les assemblées de Chubut avons voyagé jusqu’au projet Navidad. Nous avons fait notre Assemblée lors d’un marché de producteurs de la Meseta dans la localité de Gan Gan. Cela a été une rencontre fortifiante. Nous avons fait le voyage en Caravane de voitures parce que le projet Navidad est à plusieurs kilomètres de Gan Gan. Nous avons fait une rencontre devant le portail du projet. Au fond on voyait la montagne qu’ils veulent exploiter, le renfoncement du Chenque qu’ils ont profané, comme le disent les communautés natives, car ils l’ont retiré pour pouvoir commencer les activités d’exploration. Un chenque est un cimetière ancestral. L’entreprise minière de l’époque, qui n’était pas PAS, mais qui voulait exploiter le projet Navidad de la même manière, a déplacé un cimetière ancestral et des sites archéologiques. Cette rencontre a été un moment historique, important pour renforcer notre lutte. Une autre de nos action a été d’aller jusqu’au pont du ruisseau Sacanana, qui passe par le bassin du Sacanana, qui est le bassin que pense utiliser PAS pour fournir de l’eau au projet et en même temps l’aquifère qui alimente les sources et les réservoirs d’eau douce de toute la région de la Meseta. Là nous avons fait une cérémonie, creusé un trou dans le lit du ruisseau qui à cette époque de l’été est à sec, et nous y avons versé l’eau que les Assemblées de la Cordillère ont apporté. Elles ont amené de l’eau des ruisseaux de la Cordillère pour la verser dans ce puit et chacune de celles qui ont versé de l’eau, avons laissé un message de lutte, de soin, et de protection. Ce moment m’émeut beaucoup, parce qu’il est très symbolique. Il représente la lutte de nombreuses années et de siècles face à l’expropriation des territoires, les génocides, et qui se renouvellent aujourd’hui face aux entreprises et multinationales. Cette rencontre a symbolisé à quel point la lutte territoriale est ancestrale. Elle nous a réuni depuis un autre lieu, nous les assemblées et les gens qui vivent les assauts quotidiens des entreprises minières. Comme ils sont loin des centre urbains de la Cordillère et de la côte, nous déplacer jusqu’à eux a été une action importante.

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Flavia Núñez, miembre de la Assemblea en defensa del territorio de Puerto Madryn, provincia de Chubut, Argentina.

C. Para empezar, ¿Podrías contarnos que es la historia de su lucha en Puerto Madryn? ¿Y cómo se organizaron las asambleas?
F. La lucha en Madryn comienza cuando, en nuestra provincia, en la meseta centro norte de Chubut, una zona más aislada, el interior de la provincia, se vinieron a instalar compañías mega-mineras canadienses para explotar el yacimiento de cobre, plata y plomo que denominan proyecto Navidad. Era uno de los más grandes del mundo en ese momento. Nos organizamos por el año 2005, 2006. En ese entonces, se empiezan a organizar asambleas en toda la provincia de Chubut, sumándose a la Asamblea de Vecinos Autoconvocados de Esquel que ya venía trabajando desde 2002 en lucha contra la inslatacion de la mina de oro El Desquite de Meridian Gold. En Puerto Madryn se organizó un Foro. Eran los Foros ambientales y sociales de la Patagonia, ahí en Puerto Madryn, en la ciudad de Trelew y en la ciudad de Comodoro Rivadavia. El Foro después, fue mutando, y se transformó en un movimiento asambleario, hará unos tres años apróximamente. Hoy nos denominamos Asamblea en defensa del territorio [13]. Esto se relaciona con una transformación al nivel regional que hubo en las distintas agrupaciones socio-ambientales, cuando conformamos la Unión de Asambleas de Comunidades de Chubut, la UACCH. O sea todas las asambleas y todas las asociaciones socio-ambientales de Chubut nos reunimos en una sola organización que es la UACCH. A raíz de esta nueva forma organizacional territorial, elegimos también tener este nombre de Asamblea en Madryn. Y para contextualizar, la Unión de Asambleas de Comunidades de Chubut forma parte a su vez de la UAP que es la Unión de Asambleas Patagónicas, y todas juntas integramos, al nivel nacional, la UAC [14] que es la Unión de Asambleas de Comunidades de todo el territorio nacional en lucha y defensa del territorio en distintos aspectos: en lucha contra los agro-tóxicos, contra el fracking, contra el desmonte, contra las represas y en nuestro caso, en toda la región patagónica y en Mendoza, contra las mega-mineras.

A partir de nuestra conformación como Asamblea en defensa del territorio, empezamos a tomar una serie de acciones que tienen que ver con visibilizar la intención de explotar mega-minería en Chubut y a la vez unir esfuerzo con todas las decisiones que se vayan tomando al nivel regional en la UACCH. En este contexto una de las acciones llevada adelante recientemente, fue el documento de denuncia elaborado por nuestra abogada Silvia de Santos, [15]. Es un pedido de medida cautelar y denuncia, ante la Corte Interamericana de Derechos Humanos que se presentó a la corte el 4 de marzo pasado (en 2020) y que ayer (el 22 de marzo de 2020) en el día mundial del agua, se presentó de manera pública, en la página web del No a la mina de Esquel [16] (y que en Mayo de 2020 fue rechazado por la Corte). Este documento tiene más de 300 hojas. Es una profunda investigación sobre todos los abusos que hubo en la región patagónica y también en unas localidades de Mendoza, por la explotación mega-minera, el fracking, y las represas. El recurso de amparo lo que pretende es cuidar las cuencas de los ríos patagónicos entiéndolos cómo cuencas que no responden a límites y fronteras territoriales sino que son inter-jurisdiccionales. Las cuencas están unidas geográficamente. No hay fronteras para las cuencas de agua y por lo tanto, cualquier contaminación, abuso, perjuicio sobre una cuenca, va necesariamente afectar el territorio de otras cuencas. Este es el contexto que invertimos en la denuncia. El pedido es que se considere al agua como bien comunal, como bien común, como derecho humano, y también como concepto de los pueblos originarios. En el documento está muy clara esta idea de empezar a recuperar las formas de denominación y los cuidados que tenían, y siguen teniendo en la actualidad, los pueblos originarios tras la defensa del agua que ellos llaman ko. El agua, para los pueblos originarios de la región patagónica es ko.

Es un documento muy interesante en el que además se recuperan todas las denuncias de persecución a las personas y agrupaciones del territorio desde que las mineras intentan instalarse en Chubut. Volviendo un poco atrás y para relacionarnos con la fecha, hoy es 23 de marzo, y el 23 de marzo del año 2003, en Esquel, tuvo lugar la consulta popular también llamada plebiscito, en la que la mayoría de la población voto por el NO a la mega-minería en Esquel. En este entonces, todo el pueblo de las ciudades cordilleranas se movilizó y logró realizar este plebiscito, del que hoy se cumplen 17 años, que le dio impulso a una lucha socio-ambiental que siempre estuvo presente en Chubut. A partir del plebiscito del año 2003, se promulga en la provincia de Chubut la ley 5001 (hoy XVII N° 68) que actualmente prohíbe la explotación de minería a cielo abierto con uso de cianuro. Pero es una ley que tiene dos artículos. El primer artículo prohíbe y el segundo artículo establece excepciones a la ley, como la posibilidad de explotación en zonas alejadas de la cordillera, la región de la Meseta, en el centro de nuestra provincia. Por eso, a pesar de esta ley, seguimos luchando y seguimos fortaleciéndonos para defender el territorio de esas zonas de sacrificio. Hay cientos de proyectos de exploración de minería en Chubut, como el de Navidad. En toda la Meseta hay proyectos de plata, plomo y otros minerales. Y también, y es lo que más preocupa, hay proyectos de exploración de Uranio que se están haciendo a la vera del río Chubut, un rio que abastece a más de 250 mil personas que habitamos en la costa este y el valle de la provincia de Chubut. Es el rio que abastece a la mayor parte de la población de la provincia. Por otro lado, cuando te decía que Chubut ya tenía una historia de lucha socio-ambiental antes del NO a la mina de Esquel, es porque en nuestra provincia, en la década del 80, a partir de 1986, la lucha más grande que se ha hecho en Chubut, fue la lucha del NO a la instalación del basurero nuclear [17]. Y esto dónde iba a ser, justamente, en el mismo lugar donde ahora quieran instalar la mina Navidad, en el territorio de la localidad de Gastre. Por aquel entonces hubo movilizaciones desde la costa hasta la Cordillera y el centro de Chubut, para evitar la instalación del basurero nuclear. Esa lucha también trajo como consecuencia una legislación favorable al medio ambiente: el artículo 41 de la constitución nacional que es el artículo que nos protege al nivel medio ambiental. O sea la lucha de Esquel y la consulta popular dioorigen a la Ley 5001, como en su momento en la década del 80, la lucha contra el repositorio nuclear dio origen al artículo 41 de la constitución nacional. Eso deja sentado la importancia de la organización. La defensa del territorio en cualquier lugar del mundo, en nuestro caso particularmente en la provincia de Chubut, tuvo efectos positivos para todos los habitantes y los ecosistemas de nuestra región. Y bueno, estas luchas son parte de una identidad, de un código identitario del territorio de Chubut. Van construyendo estas nuevas demarcaciones territoriales. Ahora la provincia no está solamente dividida en departamentos como dicen los mapas geográficos y físicos. Nuestra provincia está dividida por las luchas socio-ambientales que llevamos adelante que no tienen fronteras. Lo que rige estas luchas justamente es el cuidado del territorio, del nuestro bosque, de nuestras cuencas de agua, de las comunidades ancestrales, etc...

A partir de 2005, nos empezamos a conformar como Foro En paralelo al Foro ambiental, al nivel regional, hubo una forma de organización que se llamó la Coordinadora patagónica. Eran agrupaciones incipientes de distintas localidades de la región patagónica, de Chubut, Rio Negro, y de Neuquén en principio, que se juntaban a reflexionar sobre, las distintas problemáticas que había en cada lugar y cómo afrontarlas. Desde lo organizacional y la investigación fue en esa época que empezamos a hablar de bienes comunes. Empezamos a transformar el término de recursos naturales a bienes comunes. Ahora, ampliamos un poco esta idea de bienes comunes hasta hablar de bienes comunitarios. Porque bienes comunes es un concepto que, desde los organismos del estado, se utiliza muy legalmente. Desde lo legal, desde lo jurídico a veces pierde fuerza. Entonces también hablamos de bienes comunitarios.

Nuestra lucha actual, además de frenar el proyecto de explotación Navidad y todos los otros, es reflotar una legislación que nos ampare en toda la provincia de Chubut en contra de la explotación minera. Por eso tenemos un proyecto de ley de iniciativa popular [18]. Más conocido por todos los chubutenses como la IP por Iniciativa Popular. Esta es una forma de acción que nos permite la constitución provincial. Si una agrupación de ciudadanos de la provincia de Chubut logra juntar firmas de más del 3% del patrón electoral puede elaborar y presentar un proyecto de ley. En el año 2012, las asambleas de Chubut elaboramos un proyecto de ley de iniciativa popular que prohíbe la explotación minera en toda su forma en el territorio de la provincia. O sea era un proyecto que ampliaba la ley 5001. Ese proyecto de ley logró juntar 13007 firmas, más de las 11000 firmas que teníamos de juntar según lo que nos pedía el padrón electoral. Este proyecto de ley fue presentado en la legislatura de la provincia de Chubut en 2014. La legislatura está obligada a tratar un proyecto de ley de IP. El último día que tenían los legisladores para tratar el proyecto, lo trataron en comisión. Y, ¡Lo reformaron de modo tal que quedó un proyecto que habilitaba a la explotación minera! Es conocido este hecho como el fraude a la IP. [19]. Obviamente esta ley en la actualidad ya no tiene lugar. Fue vetada y volvió a tener lugar la 5001. Estos hechos cuentan la corrupción y la fuerza del lobby minero en la provincia de Chubut.

Es un hecho que se replica en distintos lugares del mundo. Acá, desde hace diez años venimos padeciendo a Pan American Silver (PAS), que es la actual propietaria del proyecto Navidad. Es una de las empresas mineras más importantes en el mundo, de las que participaron, en los primeros días de marzo, en la Cumbre Minera Mundial en Toronto en Canadá (Prospectors & Devolopers Association of Canada [20]). Esta empresa, desde hace diez años, viene ejerciendo presiones en Chubut para que en la legislatura provincial se apruebe un proyecto de ley que habilite la zonificación minera en la provincia. O sea, que al artículo 2 de la actual Ley 5001, añadiría que se posibilite áreas de explotación minera, áreas exclusivas, lo que llaman zonas de sacrificio. Este proyecto de zonificación minera, que un grupo de diputados ya avala, habilitaría zonas de sacrificios en los lugares donde justamente opera PAS: en el proyecto Navidad y en otras mineras de la Meseta. Hace diez años que Panamerican Silver llego a Chubut a través del sindicato minero de Argentina. Hacen campañas de recolección de currículum vitae para contratar empleados, aunque la actividad todavía está prohibida. Y ni hablar del financiamiento a diferentes campañas educativas, de la visita puerta a puerta de los dueños de los campos que necesitan convencer y del lobby político que están haciendo con diferentes funcionarios de la provincia. Panamerican Silver en la actualidad sufrió un gran escrache al nivel internacional. En la Cumbre Minera de Toronto se lanzó una campaña que se llama, Fuera Panamerican Silver de América Latina [21]. Se llevó adelante desde Toronto en conjunto con todas las Asambleas Territoriales de Chubut y de América Latina. En el documento de la campaña se cuentan los abusos de poder, y los conflictos territoriales que ocurren donde se instala PAS en México, en Guatemala, en Perú, en Bolivia, y obviamente en Canadá y en Argentina. Chubut es el único lugar donde todavía PAS tiene proyectos sin explotar por la resistencia popular. En Argentina recuerdo que PAS tiene explotando el proyecto Mananciales en Santa Cruz. Pero la provincia de Santa Cruz, que está más al sur de Chubut, habilita por ley la explotación minera. Chubut todavía no. Lo dijeron en Canadá ¡Chubut es el desafío! O sea, imagínate como nos tenemos que organizar y seguir firme y nunca de caer, bajar la guardia porque están ahí. Por eso decimos siempre "no nos sub-estimen, no pasaran" porque estamos acá.

En relación con esto, estamos trabajando, en el lanzamiento de una nueva iniciativa popular. En realidad es la misma IP que presentamos en 2014, pero que hoy cobro fuerza, cobro sentimiento, a raíz de las luchas socio ambiental que tuvimos este ano en toda Argentina gracias a la lucha que llevo adelante el pueblo de Mendoza [22]. En diciembre, Mendoza defendió su ley, la 7722, que es la que prohíbe la minería en Mendoza. Y eso renovó el impulso en la provincia de Chubut. Cantamos "el agua de Mendoza no se negocia" y ellos cantan "el agua de Chubut no se negocia". Eso nos dio un impulso para recuperar otra consigna que nos habíamos dicho que es "nos deben una ley". Nos deben la IP que fraudaron en 2014. En Puerto Madryn, elegimos el color Naranja que es un color fuerte y alegre y que no tiene ningún significativo político, para pintar nuestras bandejas, parches, carteles, y hoy vas circulando - cuando se puede circular- y ves la bandeja color naranja colgada en la mayoría de las casas de nuestras ciudad. Ayer en el día mundial del agua publicaron una nota de la 'comunidad científica' diciendo que la minería utiliza solamente 1% del agua disponible en los pueblos, esta fue una nota que salió, la misma, publicada en varios medios de Chubut al mismo momento, o sea se conoce como una pueblo-nota, les paguen para que la publiquen. Lo interesante de estas publicaciones son los comentarios, que hacen las personas. Son comentarios que retrucan la información con datos. O sea lo interesante que esta ocurriendo es que la comunidad entera está informada. No es no porque no. Es un no sostenido con argumentos, con información que fuimos brindando como asambleas desde el año 2003, en Esquel, y desde 2005, 2006 en el resto de las localidades. Esa información, sostenida en el tiempo, promovió que hoy la comunidad esté informada en el tiempo. Y con argumentos para decir, no nos mienten más.

C. ¿Qué ha cambiado con el gobierno (nacional) progresista que ha tomado sus funciones en diciembre? Todavía este gobierno cuenta con la minería para volver al crecimiento económico, y pagar la deuda contratada con el FMI entre otras cosas. ¿Que sea progresista lo hace menos criticable?
F. Eso en las asambleas lo tenemos muy claro, lo vimos desde el primer momento. El actual presidente, en el debate presidencial previo a las elecciones, expuso esta idea de que iba a promover una minería con controles, una minería sustentable, utilizó estas palabras. Ahí quedo claro entonces que la propuesta del gobierno actual, que si bien es progresista con un montón de otras cuestiones, que tienen que ver con la equidad social sobre todo con los sectores más vulnerables, en este punto, es lo menos progresista que hay. Esta avalando los extractivismos. Sigue promoviendo los monocultivos, sigue promoviendo las mega-represas, sigue promoviendo la mega-minería, solo que cambio el concepto a "vamos a trabajar por una minería controlada y una minería sustentable". Y lamentablemente eso es algo que no existe [23].

Es un gran debate en la actualidad y es un gran freno que pretende opacar el estallido en Mendoza para defender la Ley 7722. Miles de personas se movilizaron cuando se hizo efectivo el pedido presidencial, o sea cuando la legislatura provincial de Mendoza aprobó una ley que que iba en contra de la 7722 y habilitaba la mega-minería, que finalmente después se derogó gracias a la ola de manifestaciones y la organización social. Pero, fue una ley impulsada por el gobierno nacional actual. Ni hablar de la promoción al fracking - la explotación no convencional del petroleoy gas - que es algo que vienen denunciando y sufren los pueblos patagónicos. Esto lo pudimos vivenciar gracias a un encuentro de la Unión de Asambleas Patagónicas que hubo a fines de febrero en Puerto Madryn. Acá llegaron referentes de Rio Negro en lucha contra el fracking y contra las minas de oro, de Neuquén también en lucha contra el fracking, de Santa Cruz en luchas contra la instalación de mega-represas, que, paréntesis, sabemos que son para proveer de energía a las mineras, y de todas las Asambleas socio-ambientales de Chubut. Todas estuvimos debatiendo, y reflexionando sobre las problemáticas de cada localidad, y de este encuentro justamente salió el documento que presentamos el 4 de marzo ante la Corte Interamericana de Derechos Humanos.

C. Me explicaste que fue evolucionando la configuración de la organización desde el Foro hasta las Asambleas. ¿Esto en práctica que quiere decir?
F. Al nivel asambleario implica que tratamos de que cada integrante de la Asamblea tenga la misma oportunidad de proponer ideas, de proponer acciones y que al mismo tiempo, tengamos todas, el compromiso de llevarlas adelante. El concepto asambleario además de que es un concepto político, porque implica la participación directa de cada miembre de la Asamblea, lo tomamos también como una maneja de hacer llegar esta idea de participación a más personas. Por ejemplo, en Puerto Madryn durante el verano al menos, y durante las previas etapas de mayor conflicto, logramos hacer Asambleas multitudinarias en las plazas. En Esquel, lo vienen haciendo desde toda la vida. No son grupitos pequeños. Si bien estamos algunas personas que venimos trabajando desde el primer día, la idea es que las Asambleas se vayan ampliando y que cada persona de la comunidad se sienta parte de la Asamblea, desde su lugar, desde donde pueda, difundiendo folletos, colgando la bandeja, replicando informaciones, participando de las acciones, de las marchas. Esto es el concepto asamblearios para nosotros. Y como te decía, a la vez, es un concepto más comunitario que implica no solo el trabajo horizontal de base, sino también el trabajo interdisciplinario con las otras Asambleas de las localidades. Por eso estamos conformados en grandes Asambleas como te decía al comienzo, la UACCH con la que frecuentemente nos vemos, la UAP, con encuentros como el que se hizo a finales de febrero y la UAC con encuentros asamblearios presenciales dos veces al año por lo menos. El último se hizo en Mar del Plata. El siguiente estará en Misiones. Es un trabajo que implica organización a través de las redes sociales. Tenemos grupos de WhatsApp para organizar las acciones y encuentros también presenciales, para conocernos, elaborar informes, documentos, etc. Lo mismo para la IP, para colectar las firmas, difundir, elaborar estrategias de información, etc. Todas estas acciones les vamos conformando en forma asamblearia. El concepto de Foro, nos sirvió muchísimo en su momento. Fue interesante para el punto inicial de organización. Necesitábamos encontrarnos debatir, poner en la mesa las ideas, propuestas y acciones. La Asamblea la permite organizar las ideas y llevarlas adelante.

C. ¿Después en las asambleas tienen comisiones para la redacción de los documentos mencionados? ¿Y representantes que participan en los eventos de otra escala?
F. No, esto se estuvo debatiendo. En algún momento pensamos elaborar comisiones, sobre todo de prensa que es lo que más cuesta justamente para elaborar los documentos en conjunto. Pero primo esta idea de organización asamblearia en consenso. En cierto modo, lo que permite esta forma, es no cargar de responsabilidad siempre al mismo grupo de personas. Entonces nos vamos rotando. No es que hay una comisión de prensa. Es algo que tenemos que seguir trabajando Pero bueno es algo que todavía venimos trabajando. Lo que si se trabaja a nivel organizacional, son los protocolos de seguridad y de emergencia que nos permiten actuar antes casos de violencia institucional. Como debimos hacerlo en una de las últimas grandes movilizaciones en la que fueron llevadas prisioneros seis compañeros y compañeras nuestras, que sufrieron golpes y fueron amedrentados.

C. ¿Que son las fuerzas y los obstáculos que enfrentan estas asambleas?
F. Por ahí un obstáculo es que como nos propusimos trabajar en forma mancomunada, comunitaria, todas las Asambleas juntas, todas las Asambleas de Chubut agrupadas en la UACCH, el obstáculo es no poder vernos con frecuencia, porque por ahí están las Asambleas de la cordillera, las de la costa y las de la Meseta. A veces sentimos que es necesario un encuentro más frecuente, que no haya tanta distancia temporal entre un encuentro y el otro para organizar las acciones. Si bien tenemos las redes sociales, no es lo mismo el cara-cara. Eso se podría considerar un obstáculo, la distancia territorial. Pero al mismo tiempo, nos fortalece desde lo simbólico. Al estar elaborando ideas y estrategias conjuntas, todo el tiempo, de forma consensuada, nos da vínculo. Por ejemplo, hoy es el aniversario del No a la mina de Esquel. Todos estamos en los grupos de redes que tenemos, incluso elaborando documentos comunes para las redes sociales para ir recordando la importancia de nuestra lucha. Eso es una fortaleza, tenemos en cuenta cada una de nuestras luchas siempre presentes.

Y a la vez cada asamblea va construyendo su identidad. En Madryn por ejemplo estamos en una ciudad donde se viene trabajando bastante bien de forma intersectorial, con las bases de sindicatos partidos políticos, incluidas diferentes organizaciones sociales, agrupaciones de mujeres, etc. Esto porque en Chubut estamos viviendo una crisis que hace años que no se veía: es la crisis del sector público por ausencia del estado. En este momento, el sector de servicios de Salud, médicos, enfermeros, todo el personal que depende del estado, esta sin cobrar su sueldo de febrero, y sin embargo se declaró la emergencia sanitaria. Yo soy docente, soy de las que cobro porque va por rangos. Soy del primer rango y el sueldo de febrero lo cobré ayer. Imagínate las personas que tienen familias y deben sostener la economía de un hogar. Lo hacen con deuda. Porque la gente al cobrar tarde empieza a endeudarse. Empieza a utilizar la tarjeta de crédito. Y se suma ahora esta contingencia de la cuarentena. Esto trajo un nuevo lugar desde el cual luchar. Es decir, luchar contra el discurso del gobierno que afirma desde hace 3 años, desde que comenzó la crisis extrema en Chubut en el sector público, que la mega-minería sería una solución a la crisis. Es un dato importante. El gobierno, los sectores de poder y el lobby minero obviamente, traen como solución a la crisis de la explotación minera en Chubut. Y eso fue un obstáculo que nos obligó a resignificar esta crisis y cambiarle el sentido. La mega-minería no es la solución a la crisis, sino todo lo contrario. Entonces no solo luchamos contra la mega-minería, sino contra la instalación de un significado, de un mensaje, que es que la mega-minería nos va a salgar de la crisis. Eso es una batalla discursiva: La mega minería es la acentuación de esta crisis.

C. Me lleva a preguntarte ¿Qué son los principios y acciones que les permiten hacen puentes con otros movimientos sociales, específicamente tal vez el movimiento feminismo?
F. Bueno, por el 8M se realizó una acción en Madryn y obviamente la asamblea participo. Hay un eslogan que apuñamos: “Ni nuestros cuerpos, ni nuestros territorios son zonas de sacrificio”. Es una lógica que trabajamos todas las asambleas juntas. Después hay documentos elaborados juntos, hay canciones y hay toda la experiencia artística. En Madryn, se armó un cancionero anti-cianuro y muchos artistas nacionales y provinciales están participando. Me parece que el arte es una herramienta estratégica en defensa de los territorios y por la vida. No solo es una fortaleza, sino también es una estrategia discursiva que nos atraviesa. En Madryn participamos de la multisectorial de feminismo y disidencia.

También un concepto que se viene trabajando al nivel de todas las asambleas de Chubut, es el de cuencas hydro-sociales. Es nuevo. Fue una forma que encontramos de denominar el cuidado del agua, de preguntarnos desde donde nos atraviesa como comunidad el cuidado del agua. Entendemos que el agua no solamente cubre una necesidad básica, sino que está atravesada por un montón de otras experiencias y vivencias, que justamente tiene que ver con lo social y con las relaciones humanas. Y por ello le llamamos cuencas hydro-sociales. Cuando la mega-minera viene a instalarse en los territorios y a tomar el agua, en realidad avasalla un montón de otros derechos, no solo el derecho al agua sino el derecho a decidir de los pueblos porque pasan por alto las consultas previas libre e informadas de las comunidades originarias, pasan por alto las decisiones de la gente sobre "de que quiere vivir su pueblo", y pasan por alto la idea comunal, el intercambio espiritual y de bienes y productos que son las cosas que hacen vivir el territorio. Al contrario abusan de estas formas de vida. Entonces, nació este nuevo concepto que acuñamos y que tratamos de incorporar de a poquito. Se viene unido a un estudio de la Universidad de la Patagonia. La cátedra de territorio hizo un estudio de las cuencas geográficas de la provincia de Chubut, y este estudio dio por resultado que la cuenca de Chubut es la más vulnerable a las sequias de toda la Patagonia. Este solo hecho inhabilita al uso del agua por extractivismo.

Trabajamos también las ideas de identidad comunitaria, de territorio sin fronteras. Fortalecemos el concepto de territorio pero entendido desde la ocupación ancestral del territorio que va unido a su su defensa. De hecho las asambleas están integradas por referentes de diferentes comunidades de pueblos originarios. El eslogan “Ni nuestros cuerpos, ni nuestro territorio son zonas de sacrificio” también hace referencia a estas luchas territoriales de recuperación que van creciendo. Este año, hubo por lo menos dos recuperaciones territoriales más en la Cordillera de Chubut. Recuperaciones quiere decir recuperaciones a grandes terrateniente que en su momento expropiaron la tierra de los pueblos originarios. Estas comunidades organizadas, hoy recuperan sus territorios. El caso más conocido, en los últimos tiempos, fue la recuperación liderada por Jones Huala, líder indígena mapuche, que sufrió proceso en Chile pero que realizó ocupaciones territoriales en Chubut. Trajo como consecuencia, y la debo mencionar en algún punto porque nada es aislado en esta lucha, la desaparición, y luego muerte, de Santiago Maldonado [24]. Santiago Maldonado muere en una recuperación territorial de una comunidad indígena. En un hecho que todavía la policía investiga pero que obviamente, para las comunidades en lucha, tiene que ver con una desaparición y muerte forzada por las fuerzas del estado. Hay varias luchas que nos atraviesan desde el territorio.

C. ¿Qué es lo que entienden como bienes comunitarios?
F. El agua, y el territorio en general y los ecosistemas. Cada asamblea tiene su propio trabajo de investigación y de profundización de significado. Las de la cordillera están más unidas a las cuestiones de recuperación territorial Mapuche y Tehuelche, las de la Meseta también. Las de la costa estamos más unidas al concepto de lucha social. A raíz de la crisis del sector público que mencionaba más arriba nuestras luchas se unieron a las de otros sectores. Lo que nos une es el bien común. La realidad es que todos los sectores en lucha, Salud, Educación y demás, ponen al final de sus comunicados, “NO a la mega-minería”.

C. ¿Algo que querías adjuntar? ¿Qué falto mencionar?
F. Te diría algo de color, pero algo muy profundo a la vez. Este año, creo que en diciembre o noviembre, viajamos, todas las Asambleas de Chubut, al proyecto Navidad. Hicimos nuestra Asamblea en una feria de productores de la Meseta en la localidad de Gan Gan. Fue un encuentro fortalecedor. Viajamos en caravana de autos porque el proyecto Navidad queda a varios kilómetros de Gan Gan. Hicimos un encuentro en la tranquera del proyecto. De fondo se veía la montaña que quieren explotar, el hueco del Chenque que profanaron, dicen las comunidades originarias porque lo removieron para poder iniciar las tareas de explotación. Un Chenque es un cementerio ancestral, La empresa minera de su momento, que no era PAS, pero que igual quería explotar Navidad, removió un cementerio ancestral y sitios arqueológicos. Este encuentro fue un momento histórico, importante para fortalecer la lucha nuestra. Y otra acción fue de ir al puente del arroyo Sacanana, que pasa por sobre la cuenca del Sacanana, que es la cuenca que piensa utilizar PAS para proveer de agua al proyecto y al mismo tiempo el acuífero que provee de agua a los manantiales y aguadas de la Meseta y de las comunidades originarias. Ahí se hizo una ceremonia. Hicimos un pozo en el arroyo de este rio, que en esta época del año está seco, y vertimos agua que trajeron de todas las Asambleas de la Cordillera. Trajeron agua de los arroyos de la Cordillera para verter en este pozo y cada una de las personas que vertimos agua fuimos dejando un mensaje de lucha, de cuidado y de protección. Este momento me emociona mucho porque es muy simbólico. Representa la lucha de años y también de siglo frente a la expropiación de los territorios, los genocidios y que ahora se renueva frente a las corporaciones y las multinacionales. Este encuentro simbolizó como la lucha territorial es ancestral. Nos unió desdés otro lugar entre las asambleas y a esta gente que vive diaria el embate de las mega-minerías. Están lejos de los centros urbanos de la Cordillera y de la costa entonces viajar ahí fue algo importante.

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